Bienvenue Lamah

Bienvenue Lamah
Prénom
Bienvenue
Nom
Lamah
Pays de naissance
Guinée

Bienvenu Lamah est un officier supérieur de la gendarmerie nationale guinéenne, dont la carrière inclut notamment des fonctions de directeur du Centre de Formation Militaire de Kalia (camp de Kaléyah) dans la préfecture de Forécariah, ainsi que de directeur régional de la gendarmerie de Conakry. Son nom est indissociable du procès des massacres du 28 septembre 2009, au cours desquels plus de 150 personnes ont été tuées lors de la répression d'une manifestation à Conakry sous la junte du capitaine Moussa Dadis Camara.

Mis en cause par les déclarations du commandant Toumba Diakité, il a été arrêté en novembre 2022 et inculpé pour complicité d'assassinat, de viol, d'enlèvement et de torture, avant de bénéficier d'une annulation de son inculpation en janvier 2023, puis d'être à nouveau poursuivi. Devant le Tribunal criminel de Dixinn, il clame son innocence, conteste avoir jamais officiellement commandé le camp de Kaléyah et dénonce une procédure qu'il juge falsifiée.

Introduction

Le colonel Bienvenu Lamah est un officier supérieur de la gendarmerie nationale guinéenne dont le nom s'est imposé dans l'un des dossiers judiciaires les plus marquants de l'histoire contemporaine de la Guinée : le procès relatif aux massacres du 28 septembre 2009, au cours desquels plus de 150 personnes ont été tuées selon les Nations Unies, lors d'une répression sanglante de manifestants dans un stade de Conakry.

Un officier aux responsabilités régionales

Avant d'être rattrapé par les événements de 2009, Bienvenu Lamah a exercé plusieurs fonctions importantes au sein de la gendarmerie guinéenne. Il a notamment occupé le poste de directeur du Centre de Formation Militaire de Kalia, situé dans la préfecture de Forécariah, souvent désigné sous le nom de camp de Kaléyah ou Kaléah. Il a également occupé le poste de directeur régional de la gendarmerie de Conakry, ce qui témoigne d'une carrière bien établie au sein de l'institution.

Mis en cause dans les massacres du 28 septembre 2009

Son nom a été introduit dans le dossier du 28 septembre à la suite des déclarations du commandant Aboubacar Sidiki Diakité, dit « Toumba », l'un des principaux accusés dans cette affaire. Selon Toumba, Bienvenu Lamah aurait joué un rôle d'instructeur au camp de Kaléyah, d'où auraient été mobilisées les recrues impliquées dans la répression.

Une première instruction avait conduit, en 2015, à une ordonnance de non-lieu en sa faveur. Mais en novembre 2022, il est arrêté, puis inculpé pour complicité d'assassinat, d'enlèvement, de meurtre, de viol, de torture et de coups et blessures volontaires. En janvier 2023, cette inculpation est annulée par un juge d'appel, qui ordonne sa remise en liberté immédiate — une décision saluée par ses avocats comme une victoire de l'État de droit. Toutefois, les recours des parties civiles ont conduit à une nouvelle mise sous mandat de dépôt.

Une défense combative à la barre

Lors de ses comparutions devant le Tribunal criminel de Dixinn en décembre 2025 et janvier 2026, le colonel Lamah a plaidé non coupable avec fermeté. Il conteste avoir jamais officiellement dirigé le camp de Kaléyah, arguant qu'aucune décision formelle de la hiérarchie militaire ne l'y nommait. Il affirme également qu'un gendarme ne peut pas former des militaires, et que les recrues incriminées provenaient non pas de son centre mais du Centre d'Instruction et d'Appui Militaire (CIAM).

Il a réclamé une confrontation directe avec Toumba Diakité ainsi qu'avec le général Sékouba Konaté, alors ministre de la Défense, qu'il accuse d'avoir « intoxiqué » le dossier judiciaire.

En février 2026, ses avocats ont franchi un nouveau cap en saisissant le Procureur général pour dénoncer la production de faux documents médicaux par certaines parties civiles, relevant notamment des anachronismes dans les numéros de téléphone figurant sur des certificats datés de 2009.

Un dossier toujours ouvert

Le procès du 28 septembre 2009 reste l'un des plus complexes et des plus sensibles de Guinée. Pour Bienvenu Lamah, détenu à la Maison centrale de Conakry depuis novembre 2022, l'issue judiciaire demeure incertaine, tandis que sa défense continue de contester tant les faits que la régularité de la procédure.